Cochet Jean-Luc

Un livre qui se vend « comme des petits pains », aux dire de l’un des rares libraires tarbais qui survivent encore ! Un livre qui, dès le titre, se veut ancré dans le paysage tarbais, et enfonce le clou par le sous-titre (« Voir Tarbes ou mourir ? »). Et il ne s’agit pas là d’une fausse annonce. Au fil des pages, le héros parcourt en tout sens le centre de Tarbes, de la place Ste-Thérèse à l’Hôte Rex (rebaptisé) ; il fait des emplettes au marché du Marcadieu… Il arpente aussi la campagne tarbaise : l’aéroport d’Ossun, le restaurant L’Aragon… et fait même une incursion en haute vallée d’Aure. Quant à la victime, découverte dans le lac du Jardin Massey, elle est originaire des Baronnies …

 

Si nous sommes donc abondamment servi question couleur locale, le sommes-nous aussi bien par l’intrigue policière de ce roman ? Personnellement – mais je suis loin d’être un amateur éclairé de ce genre de littérature !- je répondrai sans trop d’hésitation par l’affirmative. J’y ai trouvé les ingrédients majeurs d’un bon « polar » : le classique couple très contrasté de policiers (ici, chef incompétent et second anti-conformiste), le témoin-suspect, héros du livre, au lourd passé, qui mène véritablement l’enquête, les femmes aux personnalités affirmées, les fausses-pistes, le « milieu » (il ne s ‘agit pas ici du milieu des gansters mais de celui des marginaux), les multiples références au cinéma américain et… un suspense qui se maintient jusqu’aux dernières pages. Le tout, écrit avec humour et nervosité.

 

Jean-François Soulet

 

Collectif

Fabrice Bernissan, Stéphane Abadie, Françoise Marcos, Robert Vié, Christian Crabot, Jeannette Legendre, Christophe Penin, Pierre Cazères, Danielle Poueydebat

Rabastens et son canton

9 chercheurs appartenant pour la plupart à  l'Association Guillaume Mauran  et à la Société Académique des Hautes-Pyrénées

L'ouvrage reprend l'ensemble des communications et travaux présentés lors de la "Rencontre" tenue en 2009

au Parc du Val d'Adour à Rabastens-de-Bigorre.

 

Il permet de faire le point sur la microtoponymie locale,

sur quelques églises du canton,

la famille de Mérens, Saint-Sever de Rustan au XVIIIème siècle,

les réunions et distractions de villages,

le marché de Rabastens, ses fontaines...

 

Collectif

Histoire(s) de Toulouse

Les éditions Grand Sud, à Albi, ont publié :

 

• Septembre 2011 : Histoire(s) de Toulouse : nombreux auteurs et nombreux dessinateurs, ce qui se retrouve dans la recherche graphique, la mise en page (qui reste toujours très « classique »), les angles de prises de vues, les textes. Il s’agit ici du tome I qui va des origines à l’affaire Calas en passant par les grandes dates et faits historiques. Une page didactique présente les événements que l’on retrouve dans les vignettes des 3 ou 4 pages suivantes. Par exemple, une page explicative sur le grand incendie de 1463 est suivie de 4 pages de vignettes (dessins de Aurélien Morimière et scénario de Valentin Andréo). Un tome II est en préparation ;

• Mai 2010 : Histoire(s) d’Albi. En réalité, le prototype (mais j’ai commencé avec Toulouse…)

• Novembre 2012 : Histoire(s) de Bordeaux, de Marie-Brizzard à Alain Juppé (le tome I, à venir, traitera des origines au XVIIIe siècle).

 

L’ensemble est agréable, intéressant, pédagogique et sous-entend un vrai travail de recherche et de concertation. En plus, le prix de vente (14,50 euros la BD) est loin d’être excessif pour ce type d’ouvrage.

 

André Lasserre

 

Colin Niel

 

Niel Colin

Les hamacs de carton

Actes Sud 2012

 

Ce premier roman ouvre une série d'enquêtes menées en Guyane par le capitaine André Anato. Une femme et ses deux enfants sont retrouvés sans vie dans leur petite maison d'un village perdu des bords du Maroni ; puis une fonctionnaire, greffière au tribunal d'instance, en charge des dossiers de nationalité, est assassinée, alors qu'elle faisait son jogging. Y a-t-il un lien entre ces deux affaires ? Bien qu'il soit originaire de ce territoire amazonien, André Anato, tout juste débarqué de métropole, ne possède pas toutes les clés pour comprendre les populations des bords du Maroni, où les coutumes des Noirs-Marrons comptent autant, si ce n'est plus, que les lois de la République. Un bon roman policier, qui nous en apprend plus sur la Guyane que bien des documentaires, et qui traite d'un problème socio-politique aigu.

Coup de coeur de Sylvaine GUINLE-LORINET

Courtade Henri

Voir Rencontre avec Henri Courtade

Crabot Christian

Professeur agrégé de géographie et historien. Auteur de nombreux articles et ouvrages dont le fameux Passeport pour la Bigorre co-écrit avec J. Longué



Louis Fiancette d'Agos (1816-1889)

Société Académique des Hautes-Pyrénées

Christian Crabot publie et commente une centaine de dessins, en majorité inédits du baron d’Agos, qui montrent l’état, au milieu du XIXème siècle, de nombreux monuments des Pyrénées centrales (Bigorre, Comminges, Quatre Vallées, Gers…) dont beaucoup ont aujourd’hui disparu ou ont été défigurés.

Cubero José

José Cubero a publié une vingtaine d'ouvrages. L'évolution des sociétes dans la longue durée est un de ses sujets de prédilection 

La femme et le soldat - viols et violences de guerre

Editions Imago

Le viol des femmes dans la guerre fut longtemps considéré comme allant de soi, comme relevant naturellement du pillage et du butin. Guerre de Cent Ans, campagne d'Italie au temps des humanistes, sac du Palatinat ou dragonnades, violences napoléoniennes en Espagne, sac de Nankin, sévices franquistes, viols-torture lors de la guerre d'Algérie, ou, plus récemment guerre de Bosnie et génocide du Rwanda… José Cubero s'attache à des exemples significatifs, et dresse une typologie allant de l'impuissance totale du commandement débordé par la brutalité de ses hommes à la volonté délibérée de faire du viol une arme entrant dans une véritable stratégie militaire.
Le Moyen Âge a marqué, par la voix de l’Église, son souci d’endiguer les agressions sexuelles commises lors des conflits, mais sans succès. Les viols ont continué, et les « grands capitaines » n’ont jamais hésité à briser la résistance des cités rétives en livrant les civils, femmes et jeunes filles en particulier, aux soldats vainqueurs. Mais la récente dénonciation de ces pratiques a peu à peu conduit la communauté internationale à créer enfin un nouveau droit (Cour pénale internationale, Tribunal de La Haye…) — dont cet ouvrage constitue également l'histoire — à travers lequel viols et violences de guerre, dans le cadre d’un génocide, sont tenus pour imprescriptibles.

Cubero José

La grande guerre et l'arrière

Editions Cairn

Département frontière qui refusa durablement le service armé, les Hautes-Pyrénées où Tarbes est devenue une importante ville de garnison reflètent une image tout à la fois complète et contrastée de l'arrière pendant la " Grande Guerre ". Un arsenal qui amalgame jusqu'à 16 000 personnes - ouvriers mobilisés, travailleurs coloniaux et main-d'œuvre féminine rurale -- et livre des quantités croissantes et canons et d'obus. 

Mais dans ce département qui demeure à dominante rurale, femmes, enfants et vieillards doivent aussi répondre à des réquisitions de plus en plus pesantes pendant que chacun, quelle que soit sa classe, est invité à verser son or pour la défense nationale ou son obole pour aider les prisonniers. Cet effort multiforme est légitimé par un discours de guerre omniprésent. 
Mais, une des originalités du département, c'est aussi de posséder les rapports d'une quarantaine d'instituteurs qui, à la demande du préfet, dévoilent, souvent sans fard et au-delà du ton convenu de l'administration, l'état matériel et " moral " des populations : adhésion à l'union sacrée, rejet des embusqués et des profiteurs de guerre - les paroles sont souvent dures à l'égard des paysans -, poids des deuils, opposition aux réquisitions et, parfois, attitudes et propos pacifistes, voire " défaitistes ". 
Au-delà d'un département, le reflet complexe de l'arrière.

"A la veille du centenaire de la Grande guerre, 
un ouvrage à découvrir ou à redécouvrir"

J-F Soulet

Cubero José

Toulouse et la Haute Garonne dans la guerre

Editions Cairn 2013

Cet album illustré de quelque 200 photos (Fonds Germaine Chaumel) dont certaines inédites présente la seconde guerre mondiale à Toulouse qui, située jusqu'en novembre 1942 en zone libre, fut l'une des grandes capitales de la Résistance. Mais, bien que certaines de ces photographies semblent nous livrer d'emblée leur signification - défilés, manifestations, arrivée des résistants, hommage dû aux morts, visite de De Gaulle - toutes nécessitent une contextualisation qui éclaire la complexité de cette période faite de difficultés, de souffrances 
mais aussi d'espoir. 
D'autant plus nécessaire que la Résistance, clandestine, ne s'est pas offerte en spectacle et n'apparaît donc au grand jour qu'après le 6 juin 1944, voire à Toulouse lors des combats de la Libération. Le texte prend alors provisoirement le pas sur l'image car la nécessité s'impose de présenter les mouvements et les réseaux à travers quelques portraits de dirigeants.

Voir Bouyssy Maïté:

Bertrand Barère 1755-1841 de Tarbes à Paris... et retour