Trente-cinq ans plus tard, les feux de Séron ne sont toujours pas éteints : Jean-François Soulet et Sylvaine Guinle-Lorinet les rallument dans un ouvrage qui sera présenté à la bourse du travail.

Nous sommes en plein mois d'août, en 1979. Il ne se passe rien, ni localement, ni en France, ni même à l'étranger. Le creux journalistique total. Dans la nuit du 6 août, un petit incendie éclate dans la ferme des Lahore, à Séron, une commune des enclaves. Banal. Insignifiant. Ça ne mérite pas plus de trois lignes dans la colonne des brèves. Mais en trois semaines, pas moins de 97 feux vont s'allumer mystérieusement, de jour comme de nuit, dans cette même ferme. La presse commence à s'intéresser à l'affaire, surtout notre regretté et talentueux confrère Jacques Longué. Et très vite, l'histoire va dépasser le simple cadre local : les plus grandes plumes de la presse écrite de tous les pays, les télés nationales, puis internationales, notamment américaines et japonaises, vont se presser à Séron. Pourquoi cet engouement ? C'est ce mécanisme, après rappel très précis des faits, que démonte le livre de Soulet et Lorinet. Tout d'abord, on a très vite parlé de surnaturel : les parapsys et les exorcistes sont accourus. Ensuite, les gendarmes eux-mêmes ont suivi cette piste surnaturelle, pendant que leurs patrons, le préfet de l'époque Jean Dominé, pêchait le bulot en Bretagne et que le substitut du procureur regardait sous son lit le soir avant de s'endormir… Un fiasco d'enquête, une tendance bien pyrénéenne et dans l'air du temps à s'emparer de l'inexplicable, et le tour est joué. Les feux de Séron passionnent la planète entière. On finira par se rendre compte que le diable n'a pas grand-chose à voir là-dedans : une affaire de famille, de gros sous, d'amours inavouables, de clan. Y aurait-il eu un mort dans cette affaire, et on était chez les Dominici. Une histoire qui avait tout pour passionner et qui passionne encore.

Le livre «Les feux ‘'diaboliques'' de Séron», publié aux éditions Cairn, sera présenté par ses deux auteurs à la bourse du travail, vendredi 7 novembre, à 20 h 30, avec un débat animé par l'association Livres et Rencontres. Une séance de signature suivra le lendemain, à la librairie des Beaux Jours, à 15 heures.


Le chiffre : 97

feux >Séron. C'est le nombre de feux qui ont été allumés à la ferme Lahore, en 1979, en 3 semaines.