ALERTE : DANGERS SUR LE LIVRE EN MIDI PYRÉNÉES

 

Plusieurs informations diffusées dans les médias cette semaine ne peuvent que secouer fortement tous ceux qui, en Aquitaine et en Midi-Pyrénées, s’intéressent aux livres.

 

Après l’annonce, il y a déjà plusieurs mois de la fermeture du site d’Ibos (près de Tarbes) de Cap Diffusion (ex Rando Diffusion), vient de tomber la nouvelle d’une restructuration drastique des Editions Sud-Ouest de Bordeaux. Cette maison, fondée par le quotidien Sud-Ouest en 1988, remarquablement dirigée depuis par Guy-Marie Rénié, constitue, avec plus de 700 titres, l’un des pôles majeurs de l’édition régionale dans le Sud-Ouest. Son affaiblissement est un très mauvais coup porté à la cause du livre régional.

 

Autre nouvelle de cette semaine noire : l’annonce de la mise en vente des 57 librairies Chapitre.Com, dont celle de Tarbes (dix employés).

 

Comme Privat à Toulouse, « Chapitre » ou « Lhéris » (comme l’appellent encore bien des Tarbais) est une vraie institution culturelle dans la capitale bigourdane. C’est en 1979 que deux amis, Alain Capdejelle et Jean-Marie Bousquié, ont créé la librairie du « Vieux Pont », 1 avenue de la Marne, qu’ils ont souhaité, en 1994, déplacer en centre ville, à l’emplacement des Magasins Boneu. Le succès a été quasi immédiat, fondé à la fois, sur l’accueil particulièrement cordial réservé à la clientèle, et sur la volonté des responsables de participer au développement et à la vie d’une région dont ils sont originaires et à laquelle ils sont attachés. Les signatures et les débats en soirée ont été incessants, organisés souvent par une association créée autour de la librairie. Du dessinateur Pertuzé à Georges Buisan en passant par Christian Laborde ou Bernadette Pécassou, tous les ténors de la littérature locale ont défilé au « Lhéris » puis à « Chapitre ». Aussi, pour les Tarbais, l’idée que ce lieu qui a été, depuis plus de trente ans, un temple de la culture locale et régionale, puisse disparaître, est insupportable.

 

Il est encore temps d’inverser la tendance. Oui, il est peut-être encore possible de sauver la librairie Chapitre. En écrivant cela, nous ne formulons pas un vœu pieux. Nous avons en tête ce qui vient de se passer à Toulouse, où, très bonne nouvelle de la semaine, la librairie Privat (qui faisait partie de la charrette du réseau Chapitre.com) vient de rouvrir. Que s’est-il passé à Toulouse ? On a assisté à une mobilisation générale. Employés, élus, clients sont parvenus, en quelques mois, à trouver un libraire indépendant, Benoît Bougerol, propriétaire de La Maison du Livre à Rodez, qui a accepté de racheter la librairie toulousaine, en maintenant les emplois et en ambitionnant de doubler le chiffre d’affaires.

 

Pourquoi ce qui a été possible à Toulouse ne le serait pas à Tarbes ?

 

Jean-François Soulet,

Président des Associations « Livres & Rencontres »

et «  Amis de l’éditeur Cairn »