EDITORIAL janvier 2014

 

Il y a quelques jours, L&R a organisé une rencontre publique (entrée libre et gratuite – dans la limite des places disponibles) à la librairie « Les Beaux Jours », à Tarbes, autour de la figure de Pierre Veilletet, récemment disparu. Nous n’étions pas très nombreux, mais bien présents et attentifs et chacun de nous a cherché à connaître ou mieux connaître ce journaliste-écrivain. Il a passé un certain nombre d’années à Tarbes, élève à Jeanne- d’Arc puis à Théophile-Gautier avant de faire carrière professionnelle, essentiellement comme journaliste à Sud-Ouest. Il a obtenu plusieurs prix : le prestigieux Albert-Londres pour son reportage sur la mort de Franco (son article sur le défilé devant le cercueil de Franco est un modèle du genre) ; le prix François-Mauriac pour son roman La pension des nonnes ; le prix Jacques-Chardonne pour son roman Mari-Barbola. C’est dire la qualité du journaliste et de l’écrivain. Et pourtant, comment ne pas s’interroger sur son manque relatif de notoriété ? Bourré d’imagination, de trouvailles, de surprises, de goût, de sensibilité, d’une écriture somptueuse, il passe en modestie et absence… « La modestie, c'est la housse du talent » (Aurélien Scholl, journaliste et romancier). L’ignorer, toutefois, c’est se priver d’une lecture foisonnante, passionnante, savoureuse, dans tous les sens du terme (ah ! son poulet rôti et ses vins !), énigmatique (ou fantasmatique ? La Pension des nonnes), d’une infinie richesse (Mari-Barbola). L’ignorer, c’est passer à côté d’un vrai talent.

 

Oui, j’ai connu des jours de grâce, éd. Arlea, 2013, regroupe son œuvre (22 euros).

 

André Lasserre